RDC : nouvelles manifestations contre le projet de révision constitutionnelle
Des manifestations ont eu lieu mardi 15 septembre dans plusieurs villes de la République démocratique du Congo (RDC) contre le processus de réforme constitutionnelle engagé par les autorités. À Kinshasa comme à Lubumbashi, des rassemblements organisés à l’appel de la coalition d’opposition C64 ont été dispersés par les forces de sécurité.
À Kinshasa, la police a fait usage de gaz lacrymogènes et de tirs de sommation pour disperser les manifestants, selon Reuters. Des incidents ont également été signalés dans d’autres villes du pays. Des militants des droits humains font état de plusieurs arrestations, notamment dans le Haut-Katanga et à Mbandaka. Les autorités n’avaient pas publié de bilan officiel des arrestations au moment des derniers rapports.
La mobilisation intervient alors que le projet de réforme constitutionnelle suscite une vive opposition. La coalition C64, qui rassemble plusieurs forces de l’opposition, estime que le processus pourrait permettre de remettre en cause la limitation actuelle du nombre de mandats présidentiels et ouvrir la voie à une nouvelle candidature de Félix Tshisekedi en 2028.
La Constitution congolaise prévoit actuellement un mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable une seule fois. Son article 220 protège notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels contre une révision constitutionnelle ordinaire. Le débat porte notamment sur la procédure envisagée autour d’une éventuelle nouvelle Constitution.
Le pouvoir congolais défend pour sa part le processus institutionnel engagé et conteste l'interprétation selon laquelle la loi référendaire modifierait directement la limitation des mandats. La Cour constitutionnelle avait déclaré cette loi conforme à la Constitution en juillet, sous certaines réserves.
Les manifestations du 15 septembre montrent ainsi que la question constitutionnelle reste au centre de la vie politique congolaise. Le débat devrait se poursuivre alors que les institutions examinent les prochaines étapes du processus et que l’opposition maintient sa mobilisation.
Hervé Ganhouégnon
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