Onchocercose : le Bénin poursuit sa lutte pour interrompre la transmission
Le Bénin poursuit ses efforts contre l’onchocercose, une maladie parasitaire connue sous le nom de « cécité des rivières ». Après plusieurs décennies de campagnes de traitement et de lutte contre le vecteur, le pays continue de renforcer la surveillance et la distribution de médicaments dans les zones concernées.
L’onchocercose est transmise par la piqûre de petites mouches noires qui se reproduisent à proximité des cours d’eau. La maladie peut provoquer des démangeaisons, des lésions de la peau et, dans les cas les plus graves, une atteinte progressive de la vision.
Plusieurs décennies de lutte
La lutte contre l’onchocercose a commencé au Bénin dans les années 1970. L’introduction de l’ivermectine en 1988 a ensuite permis de renforcer la prévention grâce aux campagnes de traitement de masse.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les actions menées au fil des années ont permis d’améliorer sensiblement la situation épidémiologique. Une évaluation publiée par l’organisation indique notamment que les prévalences étaient devenues inférieures à 5 % dans les villages étudiés, après plusieurs décennies d’interventions.
Le travail se poursuit cependant dans les zones où la maladie reste présente. Dans sa stratégie 2026-2030 consacrée à l’élimination des maladies tropicales négligées, l’OMS classe encore le Bénin parmi les pays où l’onchocercose est endémique.
Des campagnes de traitement désormais digitalisées
Ces dernières années, le Bénin a également introduit des outils numériques dans l’organisation des campagnes de distribution de médicaments.
L’OMS rapporte qu’une campagne digitalisée de distribution de médicaments contre l’onchocercose a concerné environ six millions de personnes. Le dispositif permet notamment de suivre les opérations sur le terrain, de mieux gérer la logistique et de disposer plus rapidement des données issues des campagnes.
Cette digitalisation doit faciliter le suivi des populations traitées et permettre aux équipes de santé de mieux identifier les zones nécessitant une attention particulière.
Maintenir la surveillance
Pour parvenir à interrompre durablement la transmission, le traitement ne constitue pas le seul enjeu. La surveillance épidémiologique reste nécessaire pour vérifier l’évolution de la maladie et déterminer si les interventions peuvent être arrêtées dans certaines zones.
L’OMS souligne ainsi que les prochaines étapes comprennent notamment le renforcement de la surveillance, la réalisation d’enquêtes d’impact et la poursuite des traitements de masse jusqu’à l’interruption de la transmission.
Le Bénin s’inscrit également dans une dynamique régionale. Plusieurs pays africains poursuivent leurs propres démarches vers l’élimination de l’onchocercose. Au Sénégal, par exemple, les experts nationaux ont récemment confirmé l’absence de reprise de la transmission dans les bassins de la Falémé et de la Gambie après trois années de surveillance. Le pays prépare désormais son dossier en vue d’une reconnaissance officielle par l’OMS.
Un objectif qui demande encore des efforts
Les progrès enregistrés au Bénin montrent les résultats de plusieurs décennies de lutte contre l’onchocercose. Mais la maladie n’est pas encore considérée comme éliminée dans le pays.
La poursuite des campagnes de traitement, la surveillance des zones concernées et la mobilisation des populations restent donc nécessaires. Pour les autorités sanitaires et leurs partenaires, l’objectif est désormais de consolider les acquis et de parvenir, à terme, à l’interruption de la transmission de la maladie sur l’ensemble des zones encore touchées.
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