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Politique

UE-Canada : Bruxelles renonce à l’idée d’un statut de membre associé

H Hervé 3 min de lecture 2,877 lectures
UE-Canada : Bruxelles renonce à l’idée d’un statut de membre associé

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L’Union européenne a retiré la notion de « membre associé » du projet de déclaration commune avec le Canada, à la suite de divergences entre ses États membres. Cette décision intervient à l’occasion du sommet UE-Canada organisé les 29 et 30 octobre 2026 à Montréal, alors que les deux partenaires cherchent à renforcer leurs relations économiques et stratégiques.

L’idée avait été avancée en septembre par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Elle envisageait de proposer au Canada un statut inédit de membre associé, qui aurait permis de rapprocher davantage le pays du bloc européen sans lui accorder une adhésion complète.

Mais cette proposition a suscité des réserves dans plusieurs capitales européennes, notamment à Berlin. Le chancelier allemand Friedrich Merz et d’autres dirigeants ont contesté l’utilisation d’une notion dépourvue de définition juridique dans les traités européens. La France et l’Italie ont également exprimé des préoccupations au cours des discussions sur le texte.

Dans la nouvelle version du projet de déclaration, la référence au statut de membre associé a été remplacée par l’engagement de construire une « association toujours plus étroite » entre le Canada et l’Union européenne. Les deux parties prévoient de poursuivre les négociations afin de préciser le contenu de ce rapprochement lors d’un prochain sommet en 2027.

Des intérêts économiques et stratégiques communs

Cette évolution intervient alors que le Premier ministre canadien, Mark Carney, cherche à diversifier les partenariats de son pays et à réduire sa dépendance économique envers les États-Unis, dans un contexte marqué par les droits de douane imposés par l’administration de Donald Trump.

Le rapprochement envisagé avec l’Union européenne porte notamment sur le commerce, l’énergie, les minerais critiques, la défense et les technologies. Le projet de déclaration prévoit également une étude de faisabilité sur l’augmentation des exportations canadiennes de gaz naturel liquéfié vers l’Europe, ainsi que des initiatives en matière de connectivité numérique et de mobilité des jeunes.

Malgré l’abandon de la formule de membre associé, les deux partenaires maintiennent donc leur volonté d’approfondir leur coopération. Pour Ottawa comme pour Bruxelles, l’enjeu sera désormais de traduire cette ambition en engagements concrets, tout en réglant les divergences sur la forme et les modalités de leur partenariat.

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