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Politique

Nigeria : la présidence du Sénat au cœur des rivalités politiques avant 2027

H Hervé 5 min de lecture 1,007 lectures
Nigeria : la présidence du Sénat au cœur des rivalités politiques avant 2027

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À quelques mois des élections générales de 2027, la succession à la tête du Sénat nigérian suscite de nombreuses tractations au sein de l'All Progressives Congress (APC), le parti au pouvoir. Le président actuel de la chambre haute, Godswill Akpabio, entend conserver son fauteuil, tandis que plusieurs personnalités, dont Abdulaziz Yari et le gouverneur de l'État d'Imo, Hope Uzodimma, sont associées aux ambitions pour la prochaine législature. Une compétition qui révèle les enjeux de positionnement au sein de la majorité présidentielle.

Au Nigeria, la bataille pour le contrôle des institutions se prépare bien avant l'ouverture des sessions parlementaires. Alors que le pays se dirige vers les élections générales de 2027, la présidence du Sénat figure déjà parmi les postes qui alimentent les discussions au sein de la classe politique. Les ambitions des différents prétendants commencent à se préciser, notamment dans les rangs de l'All Progressives Congress (APC), la formation politique du président Bola Tinubu.

Au centre de ces tractations se trouve Godswill Akpabio. Élu président du Sénat en juin 2023, le responsable politique entend briguer un nouveau mandat à la tête de la chambre haute. Il bénéficie du soutien de plusieurs élus et cherche à obtenir l'appui du président Bola Tinubu pour conserver cette fonction. Sa position est toutefois contestée par d'autres figures influentes du parti, qui envisagent une nouvelle configuration à la tête du pouvoir législatif.

Parmi les personnalités citées figure Abdulaziz Yari, ancien gouverneur de l'État de Zamfara et sénateur. Il avait déjà affronté Akpabio lors de la désignation du président du Sénat en 2023. Sa nomination comme directeur général du Conseil de campagne présidentielle de l'APC pour la réélection de Bola Tinubu en 2027 renforce sa visibilité au sein de la formation politique. Selon Africa Intelligence, il espère reprendre la présidence de la chambre haute et multiplie les démarches dans cette perspective.

Hope Uzodimma entre dans les calculs

Une autre personnalité s'invite dans cette compétition : Hope Uzodimma, gouverneur de l'État d'Imo. Après avoir siégé au Sénat entre 2011 et 2019, il envisage de retrouver l'institution parlementaire à l'issue de son mandat à la tête de son État. Son éventuelle candidature à la présidence de la chambre haute alimente déjà les discussions.

Cette ambition ne fait cependant pas l'unanimité. Le ministre du Territoire de la capitale fédérale, Nyesom Wike, a publiquement exprimé son opposition à une éventuelle accession d'Uzodimma à ce poste. Il lui reproche notamment de vouloir influencer la future composition du Sénat à travers les choix de candidats aux élections législatives.

Les positions de ces différentes personnalités montrent que la compétition ne se limite pas à une question de succession institutionnelle. Elle renvoie également aux rapports de force entre les dirigeants du parti présidentiel, les gouverneurs et les responsables parlementaires. L'enjeu est de disposer d'une influence déterminante sur l'organisation des travaux législatifs, les nominations au sein des commissions et le contrôle parlementaire de l'action gouvernementale.

Une réforme controversée du règlement intérieur

Les tensions autour de cette succession ont déjà provoqué des désaccords au sein du Sénat. En mai 2026, une modification du règlement intérieur a introduit des conditions d'ancienneté pour l'accès aux principaux postes de direction de la chambre. Le texte prévoyait notamment qu'un candidat à la présidence du Sénat justifie d'au moins deux mandats parlementaires complets, dont un immédiatement avant son élection.

Cette réforme a suscité des critiques, notamment de la part du sénateur Adams Oshiomhole, qui a contesté la procédure suivie et les conséquences de cette modification sur les ambitions de certains responsables politiques. Plusieurs observateurs y ont vu une tentative de limiter les candidatures de personnalités ne remplissant pas les nouvelles conditions.

Face aux contestations et aux interrogations sur la conformité de certaines dispositions à la Constitution nigériane de 1999, le Sénat est revenu sur ces modifications quelques jours après leur adoption. Cet épisode a toutefois mis en évidence les divergences autour de la succession à la tête de l'institution.

Le choix des futurs sénateurs sera déterminant

Malgré les premières manœuvres, la désignation du prochain président du Sénat n'est pas encore acquise. Elle dépendra d'abord des résultats des élections législatives de 2027 et de la composition de la 11e législature. Le choix reviendra ensuite aux sénateurs élus, dont les voix seront déterminantes lors de l'élection du bureau de la chambre haute.

Le président Bola Tinubu pourrait également jouer un rôle important dans les arbitrages politiques au sein de sa formation. Les soutiens régionaux, les alliances entre responsables politiques et les équilibres internes de l'APC seront autant de facteurs susceptibles d'influencer les discussions.

Pour l'heure, Godswill Akpabio, Abdulaziz Yari et Hope Uzodimma figurent parmi les personnalités associées à cette compétition. Mais entre les ambitions individuelles et les négociations au sein du parti présidentiel, la bataille pour la présidence du Sénat devrait se poursuivre jusqu'à la constitution de la prochaine Assemblée nationale, attendue en 2027.

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