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Politique

Guinée-Bissau : la junte écarte un proche d’Embaló et remanie l’appareil d’État

H Hervé 3 min de lecture 954 lectures
Guinée-Bissau : la junte écarte un proche d’Embaló et remanie l’appareil d’État

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Le chef du pouvoir militaire en Guinée-Bissau, le général Horta N’Tam, a limogé le lieutenant-général Sadji Fati, ancien ministre de la Défense et conseiller militaire de l’ex-président Umaro Sissoco Embaló. La décision, annoncée le 14 octobre 2026, prend effet immédiatement. Elle intervient dans une série de changements touchant des responsables associés à l’ancien chef de l’État, renversé par l’armée en novembre 2025.

Sadji Fati dirigeait le cabinet civil de la présidence. Le décret annonçant son départ ne précise pas les raisons de cette décision. Son limogeage intervient toutefois après celui d’autres responsables considérés comme proches d’Umaro Sissoco Embaló, notamment le général Mama Saliu Embaló, ancien ministre de l’Intérieur, et Maria da Cruz Correia, qui occupait le portefeuille de la Pêche et de l’Économie maritime.

Ces changements touchent plusieurs postes de responsabilité au sein de l’administration et des structures liées à la sécurité. Ils témoignent d’une réorganisation de l’appareil d’État par les autorités militaires. En revanche, les motifs officiels de chaque limogeage n’étant pas précisés, il convient de ne pas attribuer ces décisions à une volonté particulière sans éléments supplémentaires.

La Guinée-Bissau est dirigée par les militaires depuis le 26 novembre 2025, lorsque l’armée a renversé Umaro Sissoco Embaló et interrompu le processus électoral. Le coup d’État était intervenu à la veille de l’annonce attendue des résultats provisoires de l’élection présidentielle et des législatives.

Les autorités de transition avaient ensuite annoncé la tenue de nouveaux scrutins le 6 décembre 2026. Mais cette échéance reste incertaine. Le 8 octobre, la Commission électorale nationale a estimé que les conditions nécessaires à l’organisation des élections n’étaient pas réunies. Cette position soulève des interrogations sur le calendrier du retour à un pouvoir civil et sur les dispositions qui permettront de reprendre le processus électoral.

De son côté, l’ancien président, actuellement en exil au Maroc, a exprimé son intention de se présenter de nouveau à la présidentielle. Son éventuelle participation dépendra notamment des conditions politiques et sécuritaires ainsi que des modalités retenues pour l’organisation du scrutin.

La succession des limogeages intervient ainsi dans une période où les autorités militaires doivent à la fois réorganiser les institutions et préciser les conditions de la transition. Le renouvellement des responsables ne suffit cependant pas à régler les questions liées à la légitimité du pouvoir, au fonctionnement des institutions civiles et à la tenue des élections.

Pour la Guinée-Bissau, l’enjeu est désormais de définir un calendrier électoral réalisable et de réunir les conditions nécessaires à la reprise du processus démocratique. Le sort des responsables écartés constitue un élément de la recomposition en cours, mais la suite de la transition dépendra surtout des décisions prises sur l’organisation du scrutin et le transfert du pouvoir aux autorités civiles.

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