États-Unis, Russie, Chine : Donald Trump évoque des discussions sur le désarmement nucléaire
Le président américain Donald Trump affirme que Washington discute avec Moscou et Pékin d’une possible réduction des arsenaux nucléaires. Cette annonce intervient plusieurs mois après l’expiration du traité New START entre les États-Unis et la Russie, dans un contexte marqué par les inquiétudes liées à l’augmentation des capacités nucléaires de la Chine.
Les États-Unis, la Russie et la Chine pourraient-ils s’engager dans de nouvelles discussions sur le désarmement nucléaire ? Le président américain Donald Trump a affirmé, jeudi 15 octobre 2026, que son administration échangeait avec Moscou et Pékin sur cette question. Il s’est exprimé lors d’un entretien accordé au média américain Newsmax, selon Reuters.
« J’aimerais parvenir au désarmement nucléaire si possible », a déclaré Donald Trump, en indiquant que Washington discutait avec les deux autres puissances. Il n’a toutefois fourni aucun détail sur le calendrier, le format ou le contenu de ces échanges.
Le président américain a également estimé que la Chine pourrait rejoindre les capacités nucléaires américaines dans les cinq prochaines années. Cette perspective renforce, selon lui, la nécessité d’aborder la question des arsenaux des trois pays.
Après l’expiration du traité New START
Cette déclaration intervient dans un contexte particulier pour la maîtrise des armements. Le traité New START, signé en 2010 par les États-Unis et la Russie, a expiré le 5 février 2026. Il constituait le dernier accord bilatéral majeur imposant des limites aux armes nucléaires stratégiques déployées par les deux pays.
Le texte plafonnait notamment à 1 550 le nombre de têtes nucléaires stratégiques déployées par chaque partie et à 700 le nombre de vecteurs de lancement déployés, notamment les missiles balistiques et les bombardiers lourds concernés par l’accord.
Son expiration a mis fin à ce cadre de limitation, alors que les relations entre Washington et Moscou restent marquées par de profondes divergences, notamment sur la guerre en Ukraine.
Donald Trump avait auparavant plaidé pour un nouvel accord intégrant également la Chine. La participation de Pékin constitue toutefois un obstacle important aux négociations, les autorités chinoises estimant que leur arsenal reste nettement inférieur à ceux des États-Unis et de la Russie.
La Chine au centre des discussions
L’évolution de l’arsenal chinois occupe une place croissante dans les débats sur la sécurité internationale. Washington souhaite que Pékin participe à un mécanisme de contrôle des armements associant les trois principales puissances nucléaires.
La Chine n’a cependant pas donné d’accord public à une telle négociation trilatérale. Pékin considère que les différences de taille entre les arsenaux nationaux doivent être prises en compte avant d’envisager un cadre commun.
Selon les estimations du Stockholm International Peace Research Institute, la Russie possède le plus grand stock de têtes nucléaires, suivie des États-Unis puis de la Chine. Les États-Unis disposent toutefois de davantage de têtes nucléaires déployées que la Russie, selon les données citées par Reuters.
Les discussions évoquées par Donald Trump devront donc surmonter des divergences sur les objectifs, les modalités de vérification et la répartition des obligations entre les trois puissances.
Un enjeu pour la sécurité internationale
La perspective d’un dialogue entre Washington, Moscou et Pékin intervient alors que les experts en désarmement s’inquiètent de l’absence de nouvelles limites juridiquement contraignantes aux arsenaux stratégiques américain et russe.
Un éventuel accord pourrait contribuer à réduire les risques d’escalade et à améliorer la transparence entre les puissances nucléaires. Mais de telles négociations nécessiteraient des engagements précis, des mécanismes de vérification et un accord sur les catégories d’armes concernées.
Pour l’heure, les déclarations américaines ne constituent pas l’annonce d’un accord conclu. Aucun calendrier détaillé ni engagement commun des trois capitales n’a été rendu public dans les informations rapportées par Reuters le 16 octobre.
La suite dépendra notamment de la volonté de Moscou et de Pékin de participer à un cadre de négociation et de la capacité des trois puissances à dépasser leurs divergences stratégiques.
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